Rente de veuve et réforme AVS 21 : ce qui change pour les survivants

BlogConseils pratiques12 janvier 2026
Rente de veuve et réforme AVS 21 : ce qui change pour les survivants

Introduction

Depuis le 1er janvier 2024, la réforme AVS 21 a profondément modifié les règles en matière de rente de veuve AVS. Fini le système qui garantissait une rente à vie aux femmes devenues veuves, même sans enfants à charge. Désormais, seules les personnes avec enfants mineurs ou en situation d'invalidité peuvent prétendre à une rente de survivant durable.

Cette transformation majeure du système suisse de prévoyance touche des milliers de couples. Si vous êtes marié, si vous avez plus de 50 ans, ou si vous envisagez votre avenir à deux, ces changements vous concernent directement. Les mesures transitoires protègent certaines situations, mais pas toutes.

Pour les couples non mariés, la réalité reste inchangée : le concubinage n'ouvre aucun droit à une rente de survivant. Une situation qui rend la planification financière et la prévoyance privée plus essentielles que jamais.

Cet article détaille ce qui change concrètement, qui est protégé par les dispositions transitoires, et comment anticiper pour sécuriser l'avenir de votre conjoint ou partenaire.

📌 En résumé (TL;DR)

La réforme AVS 21 supprime la rente de veuve à vie pour les femmes sans enfants. Seules les personnes avec enfants mineurs ou invalides conservent un droit à une rente durable. Les personnes nées avant 1970 ou mariées avant 2024 bénéficient de mesures transitoires. Le concubinage reste sans protection, rendant le 3e pilier indispensable pour sécuriser son partenaire.

La réforme AVS 21 : qu'est-ce qui change concrètement ?

La réforme AVS 21 est entrée en vigueur le 1er janvier 2024. Elle modifie en profondeur le système suisse des rentes de survivants. L'objectif principal : adapter l'AVS aux réalités sociales actuelles et garantir son financement à long terme.

Deux changements majeurs concernent les veuves et veufs. Premièrement, l'âge de référence des femmes passe progressivement à 65 ans, aligné sur celui des hommes. Deuxièmement, et c'est le point crucial, les règles d'attribution des rentes de veuve sont totalement revues.

Les veuves sans enfants de moins de 55 ans ne bénéficient plus d'une rente à vie. Cette mesure vise à moderniser un système créé dans les années 1940, quand les femmes travaillaient rarement après le mariage. Aujourd'hui, la plupart des femmes sont actives professionnellement et peuvent subvenir à leurs besoins.

La fin de la rente de veuve à vie : ce qui disparaît

Jusqu'en 2023, toute veuve mariée depuis au moins cinq ans recevait une rente à vie, même sans enfants. Cette règle datait de 1948, époque où les femmes dépendaient financièrement de leur époux.

Les conditions anciennes étaient simples : être mariée au moment du décès et avoir atteint cinq ans de mariage. L'âge de la veuve n'avait aucune importance. Une femme de 30 ans sans enfants touchait cette rente jusqu'à sa propre retraite, puis sa rente AVS.

Ce système créait une inégalité majeure : les veufs n'avaient droit à rien sans enfants à charge. La réforme AVS 21 supprime ce privilège jugé obsolète. Elle introduit l'égalité de traitement entre hommes et femmes face au veuvage.

Le changement reflète l'évolution sociale : autonomie financière des femmes, égalité professionnelle, diversité des parcours de vie.

Les nouvelles règles pour les rentes de survivants

Depuis 2024, les critères d'attribution des rentes de survivant sont unifiés et plus restrictifs. Le système distingue désormais clairement deux situations : avec ou sans enfants à charge.

La présence d'enfants reste le critère prioritaire. Les veuves et veufs avec enfants conservent une protection solide. Pour les autres, l'âge devient déterminant : seules les personnes de 55 ans ou plus au moment du décès du conjoint gardent un droit à la rente.

Les personnes plus jeunes sans enfants reçoivent une rente de transition limitée dans le temps. Cette aide temporaire remplace la rente à vie d'autrefois. L'objectif : permettre une réorganisation professionnelle et financière sans dépendance permanente.

Qui a encore droit à une rente de survivant ?

Trois catégories de personnes conservent un droit à la rente de veuve ou de veuf :

  • Veuves et veufs avec enfants de moins de 18 ans : rente versée jusqu'aux 18 ans du plus jeune enfant (25 ans s'il est en formation).
  • Veuves et veufs de 55 ans ou plus au moment du décès : rente viagère maintenue si le mariage a duré au moins cinq ans.
  • Veuves et veufs avec enfants en situation de handicap : protection étendue selon le degré d'invalidité de l'enfant.

Exemple concret : Marie, 52 ans, perd son mari en 2025. Sans enfants, elle ne reçoit qu'une rente de transition de 24 mois. Sophie, 56 ans dans la même situation, obtient une rente à vie car elle a dépassé 55 ans.

La rente de transition : une solution temporaire

La rente de transition constitue la grande nouveauté de la réforme AVS 21. Elle s'adresse aux veuves et veufs de moins de 55 ans sans enfants à charge.

Durée : 24 mois maximum à partir du décès du conjoint. Le versement s'arrête automatiquement après deux ans, même si la personne n'a pas retrouvé d'équilibre financier.

Montant : identique à celui d'une rente de survivant classique, calculé selon les années de cotisation du défunt. Il varie entre 948 CHF et 1'896 CHF par mois en 2025.

Conditions : avoir été marié au moins cinq ans ou avoir eu des enfants communs. Cette rente vise à couvrir la période d'adaptation immédiate, pas à remplacer un revenu à long terme. Elle souligne l'importance du 3e pilier et de la prévoyance personnelle.

Les mesures transitoires : qui est protégé ?

La réforme prévoit des mesures de protection pour les personnes qui comptaient sur l'ancien système. Ces dispositions transitoires évitent les ruptures brutales et respectent le principe de confiance légitime.

Deux catégories bénéficient d'une protection spécifique : les personnes nées avant 1970 et celles déjà mariées au 1er janvier 2024. Ces mesures garantissent que personne ne perd ses droits du jour au lendemain.

La logique est simple : plus vous êtes proche de la retraite ou déjà engagé dans un mariage au moment de la réforme, plus votre protection est étendue. Les jeunes générations, elles, doivent s'adapter aux nouvelles règles dès maintenant.

Protection des personnes nées avant 1970

Les personnes nées avant le 1er janvier 1970 conservent leurs droits selon l'ancien système. Concrètement, une veuve née en 1969 ou avant garde son droit à une rente à vie, même sans enfants et même si elle a moins de 55 ans au décès de son conjoint.

Cette protection s'applique uniquement si le décès survient après le 1er janvier 2024 et si les conditions de mariage sont remplies (cinq ans minimum). Elle concerne aussi bien les femmes que les hommes.

Pourquoi cette exception ? Les personnes proches de la retraite en 2024 n'ont plus le temps de constituer une prévoyance alternative suffisante. Le législateur a voulu éviter une précarisation brutale de cette génération qui a cotisé toute sa vie en comptant sur ces règles.

Situation des couples mariés avant 2024

Si vous étiez déjà marié au 1er janvier 2024, votre situation dépend de votre année de naissance, pas de votre date de mariage. La date du mariage ne protège pas automatiquement.

Cas pratique : Julie, née en 1975, s'est mariée en 2020. Son mari décède en 2025, elle a 50 ans. Malgré son mariage avant la réforme, elle ne reçoit qu'une rente de transition de 24 mois car elle est née après 1970.

À l'inverse, Christine, née en 1968, mariée en 2022, conserve son droit à une rente à vie si son mari décède, car elle appartient à la génération protégée.

Cette règle peut sembler complexe, mais elle repose sur un critère objectif : l'année de naissance détermine votre capacité à vous adapter professionnellement.

Calcul et montant de la rente de veuve en 2025

Le montant de la rente de veuve AVS dépend des années de cotisation et des revenus du défunt. Elle correspond à 80% de la rente de vieillesse à laquelle le conjoint décédé aurait eu droit.

En 2025, les montants varient entre :

  • Minimum : 948 CHF par mois (rente minimale AVS × 80%)
  • Maximum : 1'896 CHF par mois (rente maximale AVS × 80%)

Le calcul tient compte de trois facteurs : les années complètes de cotisation (entre 20 et 65 ans), le revenu annuel moyen et les bonifications pour tâches éducatives ou d'assistance. Une lacune de cotisation réduit proportionnellement le montant.

Les rentes sont indexées annuellement selon l'évolution des salaires et des prix. La prochaine adaptation interviendra en 2026.

Concubinage et partenariat : l'absence de protection

Point crucial souvent ignoré : les concubins n'ont aucun droit aux rentes de survivants AVS. Peu importe la durée de vie commune, l'existence d'enfants communs ou l'interdépendance financière. Sans mariage, aucune rente.

Cette règle s'applique aussi aux partenariats enregistrés entre personnes de même sexe, bien que certains cantons prévoient des prestations complémentaires spécifiques. Mais au niveau fédéral AVS, seul le mariage ouvre des droits.

Conséquence concrète : si votre partenaire décède, vous ne recevez rien de l'AVS. Même après 20 ans de vie commune. Même si vous avez tout partagé. Cette réalité juridique crée une vulnérabilité financière majeure pour les couples non mariés.

La prévoyance privée devient donc indispensable pour protéger son partenaire.

Comment protéger son partenaire sans être marié ?

Plusieurs solutions existent pour compenser l'absence de protection AVS en concubinage :

Le 3e pilier avec clause bénéficiaire : désignez votre partenaire comme bénéficiaire. Attention, la part disponible est limitée si vous avez des héritiers réservataires (enfants, parents).

L'assurance-vie : souscrivez une police au bénéfice de votre concubin. Les primes peuvent être déduites fiscalement dans certains cas.

Le testament : léguer une partie de votre patrimoine dans les limites de la quotité disponible (généralement 25% avec enfants).

Le contrat de concubinage : document écrit définissant le partage des biens et les obligations mutuelles. Utile mais limité en cas de décès.

Ces solutions nécessitent une planification anticipée. Consultez un conseiller en prévoyance pour adapter votre stratégie.

Que faire en cas de décès de votre conjoint ?

Les démarches doivent être entreprises rapidement après le décès. Voici les étapes concrètes :

1. Contactez votre caisse de compensation AVS dans les 30 jours. C'est généralement celle du dernier employeur du défunt ou la caisse cantonale si votre conjoint était indépendant ou sans activité.

2. Remplissez le formulaire de demande disponible sur le site de votre caisse ou en agence. Le document s'intitule « Demande de rente de survivant ».

3. Rassemblez les documents nécessaires : acte de décès, certificat de mariage, livret de famille, attestations de revenus, preuves de cotisations.

La rente débute le premier jour du mois suivant le décès. Les versements sont rétroactifs si votre demande est déposée dans les délais. Un retard peut entraîner une perte de droits pour les mois écoulés.

Rente de veuve et autres prestations : ce qui est cumulable

La rente de veuve peut se cumuler avec d'autres revenus et prestations, mais certaines règles s'appliquent :

Cumulable sans restriction : revenus professionnels (salaire ou activité indépendante), 3e pilier (capital ou rente), prestations du 2e pilier (caisse de pension), rente d'orphelin pour vos enfants.

Rente AVS propre : vous ne pouvez pas toucher simultanément votre propre rente de vieillesse AVS et une rente de survivant. À l'âge de la retraite, vous recevez la plus élevée des deux, ou un montant plafonné à 150% de la rente maximale AVS si les deux sont cumulées.

Prestations complémentaires : accessibles si vos revenus totaux restent sous un certain seuil. Le splitting des revenus (partage des revenus du couple pendant le mariage) s'applique automatiquement pour optimiser votre rente AVS future.

Anticiper et planifier : l'importance de la prévoyance

La réforme AVS 21 rend la prévoyance personnelle plus cruciale que jamais. Ne comptez pas uniquement sur les rentes de survivants, surtout si vous êtes jeune ou sans enfants.

Vérifiez votre situation personnelle : demandez un extrait de compte individuel à votre caisse AVS. Ce document gratuit indique vos années de cotisation et les lacunes éventuelles. Comblez ces lacunes avant 65 ans pour maximiser vos droits.

Renforcez votre 2e et 3e pilier : cotisez régulièrement, désignez clairement vos bénéficiaires, réévaluez votre stratégie à chaque changement de situation (mariage, naissance, divorce).

Consultez un spécialiste : un conseiller en prévoyance peut simuler différents scénarios et vous aider à optimiser votre protection. En cas de décès d'un proche, publier un avis de décès permet d'informer rapidement votre entourage des démarches à suivre.

La réforme AVS 21 marque un tournant majeur pour les rentes de survivants en Suisse. La rente de veuve à vie disparaît progressivement, remplacée par une rente de transition limitée dans le temps. Si vous êtes née avant 1970 ou mariée avant 2024, vous bénéficiez de mesures transitoires qui préservent vos droits acquis. Pour les autres, la protection sociale en cas de décès du conjoint devient nettement plus limitée.

Cette évolution souligne l'importance d'anticiper et de planifier sa prévoyance individuelle. Le concubinage et le partenariat enregistré n'ouvrent toujours aucun droit à une rente AVS, ce qui rend la prévoyance privée d'autant plus essentielle pour protéger votre partenaire.

Face à un décès, les démarches administratives peuvent sembler complexes. Wolky vous accompagne dans ces moments difficiles en vous permettant de publier un avis de décès en ligne rapidement et dignement, tout en créant un espace de mémoire accessible à vos proches, où qu'ils soient.

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